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Volontariat de Solidarité Internationale : trouver une mission de VSI en Afrique, Asie, etc.

Choisir de partir en Volontariat de Solidarité Internationale, c’est mettre ses compétences au profit d’une mission d’appui au développement. En effet, il existe une grande variété de missions de VSI (Afrique, Asie, Amérique latine entre autres) qui permettent de partir avec une ONG internationale. Mais ce programme de volontariat n’est pas fait pour tout le monde ! Sa particularité est qu’il s’adresse aux professionnels, car partir en Volontariat de Solidarité Internationale, c’est avant tout apporter son expérience et ses compétences professionnelles et prendre part à un échange avec les habitants de pays comme le Togo, l’Inde ou le Cambodge par exemple. Cette page vous dira si vous avez des chances de décrocher un des précieux postes (environ 2000 par an seulement). Sinon, nous vous indiquerons les alternatives qui existent. Bonus : nous vous avons préparé de jolies infographies, vous allez vite comprendre.

En bref

  • Un volontariat d’appui au développement taillé pour les professionnels ou celles et ceux qui ont un projet professionnel dans l’humanitaire et la solidarité internationale. Les postes sont attribués comme un emploi : choix limité aux postes disponibles – concurrence à la candidature – bien rémunéré.
  • Un engagement de longue durée (rarement moins d’un an).
  • Pour un volontariat après le bac ou pour les étudiants, opter plutôt pour un volontariat flexible, un SVE ou un Service Civique à l’étranger.

Pour partir en VSI, il faut plus que la simple envie d’aider

Un Volontaire de Solidarité Internationale est une personne qualifiée et engagée au service du développement.

Plus que les autres programmes de volontariat règlementés ou le volontariat flexible, le Volontariat de Solidarité Internationale est ce qui s’approche le plus de ce qu’on appelait auparavant « aide au développement ». Aujourd’hui, on préfère parler de « coopération internationale » pour mettre en avant l’échange plutôt qu’une aide unilatérale où un « pays sauveur » viendrait en aide au « pays sous-développé ». Ce n’est pas pour rien si France Volontaires décrit ce programme comme un « volontariat de coopération, d’appui au développement et d’action humanitaire ».

Les volontaires s’y engagent comme experts dans leur domaine. Ils partagent leurs connaissances et leurs expériences avec les personnes avec qui ils travaillent sur le terrain, dans un pays en développement en Afrique, Asie, Amérique du Sud ou Europe de l’Est. Ils peuvent être de toute spécialisation : des managers aux médecins en passant par les ingénieurs et les artisans. Il n’y a pas de « travailleur humanitaire » type. Cependant, il est vrai que certains métiers sont plus recherchés que d’autres.

De ce fait, il est difficile d’espérer trouver un VSI avant la fin de ses études voire avant une expérience professionnelle significative. Des jeunes en cours de formation (après le bac, étudiants) viseront plutôt un programme dédié aux personnes sans qualification particulière, comme le Service Civique à l’étranger, le Service Volontaire Européen ou volontariat flexible comme ici sur Guidisto.

Les conditions pour partir en Volontariat de Solidarité Internationale

N’importe quelle personne majeure peut candidater à une offre VSI, et ce quelle que soit sa nationalité : un volontaire sur dix environ n’est pas de nationalité française !

 Quel âge pour partir ?

L’âge minimum pour partir en Volontariat de Solidarité Internationale est 18 ans mais en pratique, la plupart des associations ne recrutent qu’à partir de 21 ans (en 2016 par exemple, le volontaire le plus jeune avait de 21 ans). Les volontaires sont donc plus âgés que pour la plupart des autres volontariats internationaux comme le SVE ou le Service Civique à l’étranger.

Malgré tout, les jeunes diplômés ou les retraités ont tout de même leurs chances de partir en Volontariat de Solidarité Internationale car certains organismes privilégient ce type de profils (voir ci-dessous).

 Quelles qualifications ?

L’âge relativement élevé des Volontaires de Solidarité Internationale est dû au fait que pour espérer être sélectionné pour un VSI, il vaut mieux avoir des compétences et expériences professionnelles à faire valoir. Comme on peut le voir sur le graphique ci-dessous, 92 % des 1 908 personnes qui sont parties en Volontariat de Solidarité Internationale en 2016 étaient titulaires d’un diplôme bac+3 ou supérieur. Sachant le nombre relativement réduit d’offres proposées chaque année, cela signifie que la concurrence est d’autant plus rude.

Certaines associations publient même des postes où vous êtes en concurrence avec de vrais professionnels de l’humanitaire : en fonction de votre expérience professionnelle et votre expérience humanitaire en expatriation, le candidat retenu aura soit un statut de VSI, soit un statut de salarié.

C’est pourquoi les étudiants ou jeunes titulaires du bac qui cherchent une offre VSI en Afrique ou en Asie par exemple risquent d’être déçus. Des missions de volontariat flexibles comme celles proposées sur Guidisto sont sans doute plus adaptées à leur profil, d’autant plus que si vous envisagez de faire un VSI plus tard, cette expérience est valorisée lors de la sélection.

 Quelle durée d’engagement ?

Le Volontariat de Solidarité Internationale est un projet de longue durée qui n’est pas compatible avec un départ durant les vacances ou les congés payés. Le volontariat doit obligatoirement durer entre 6 mois et 2 ans et peut même être prolongé. La seule contrainte est de ne pas cumuler plus de 6 années de VSI au cours de sa vie (en une ou plusieurs missions). C’est donc un véritable engagement dans le temps, d’autant plus que, comme on peut le voir sur le graphique ci-dessous, 80 % des volontaires restent au moins un an et presque un quart dépassent les 2 ans en prolongeant leur mission. Il est en effet fréquent que la mission soit prolongée d’un commun accord entre le volontaire et l’organisme d’accueil.

Si vous voulez aider dans l’action humanitaire pour 3 semaines ou 2 mois, votre seule option est donc le volontariat flexible, puisque tous les autres programmes de volontariat règlementé imposent une durée minimum de 2 mois.

 Combien ça coûte ?

Le VSI se rapproche d’un emploi, et offre de ce fait un certain nombre d’avantages, dont le statut VSI, qui permet aux volontaires de ne rien financer de leur poche et de bénéficier d’une indemnité confortable.

Le volontaire touche une indemnité minimale de 100 € par mois visant à couvrir les dépenses sur place hors logement et nourriture, à laquelle s’ajoute une indemnité d’expatriation. Le tout tourne en général autour de 500 à 1500 €, mais cela dépend fortement de la culture de l’ONG qui recrute le volontaire : certaines le considèrent comme l’équivalent d’un salarié, d’autres plutôt comme un bénévole indemnisé.

La nourriture et le logement sont fournis par l’ONG d’accueil (ou de rares fois payés en numéraire). Les frais de voyage aller/retour (billets d’avion) sont aussi pris en charge ainsi que la couverture sociale et la cotisation retraite.

Encore une fois, cette indemnité est très variée selon le pays, le poste et l’association. Le mieux reste de contacter les associations qui vous intéressent afin de vous faire une idée de la rémunération à laquelle vous attendre avec elles, car ces montants restent indicatifs.

L’État français soutient le programme, au point que le fait de partir en Volontariat de Solidarité internationale constitue un motif de démission légitime si vous êtes employé et que la mission dure plus d’un an. Concrètement, cela permet aux salariés de quitter leur emploi tout en conservant leurs droits aux allocations chômage à la fin de leur engagement. En revanche, le versement de ces allocations sont suspendues pendant la mission. De même, le droit au RSA reste intact mais le versement est suspendu le temps du volontariat.

Le VSI est en effet considéré comme une forme d’emploi et ne doit pas, selon ses concepteurs, impliquer un ralentissement de carrière. Le volontaire est donc aidé pour sa réinsertion professionnelle et a ainsi droit à une indemnité de réinstallation de 3 700 € si sa mission a duré au moins 24 mois.

Certaines associations considèrent même les VSI comme une passerelle vers un emploi dans leurs rangs.

Pays d’action

Les pays concernés par le VSI doivent être en dehors de l’Espace Economique Européen (EEE) (Union Européenne + Islande, Liechtenstein et Norvège) et sont en grande majorité des pays dits « du Sud »,  ou « en développement », soit des pays d’Afrique, d’Amérique Latine et d’Asie en majorité.

En 2016, 92 pays ont accueilli des projets faisant appel à des VSI, mais on note une forte concentration d’offres VSI en Afrique subsaharienne (45%) et en Asie – Océanie (30%). Ainsi, les pays accueillant le plus de VSI sont, par région du monde :

  • Afrique subsaharienne – Océan indien: Madagascar, Cameroun, Burkina Faso, Sénégal, Guinée, Tchad, Côte d’Ivoire, Togo, RDC, Congo, Bénin
  • Asie – Océanie: Cambodge, Philippines, Vietnam, Thaïlande, Inde, Laos, Birmanie, Indonésie
  • Amérique Latine : Haïti, Pérou, Chili, Brésil
  • Afrique du Nord – Moyen Orient : Maroc, Liban, Tunisie, Mauritanie, Israël, Algérie

Les lecteurs vigilants auront reconnu que les pays francophones et les anciennes colonies françaises dominent le tableau. Sur ce type de mission, le français sera donc généralement votre langue de travail.

Si vous souhaitez améliorer votre anglais en faisant un VSI dans un pays anglophone comme l’Afrique du Sud, la Tanzanie, le Kenya ou les îles du Pacifique (les Fidji, Samoa, etc.), les postes sont en revanche beaucoup plus rares … et la concurrence encore plus rude.

D’autres pays souvent recherchés par les candidats du départ ne sont pas éligibles comme pays d’accueil d’un VSI puisqu’il s’agit de pays industrialisés. On peut citer par exemple l’Australie, les Etats-Unis ou le Canada.

Si le volontaire n’a souvent pas vraiment le choix de son pays et projet d’affectation, la maîtrise d’une langue locale peut faire pencher la balance vers certains pays. Si un volontaire parle le khmer, il a de bonnes chances de décrocher une mission au Cambodge par exemple.

Domaines d’intervention

Si les volontaires qui choisissent de partir en Volontariat de Solidarité Internationale ont comme point commun d’être très diplômés, ils sont de formations très variées. Étant donné que les volontaires sont notamment recherchés pour leurs compétences, votre domaine de formation et votre domaine d’intervention une fois sur place sont souvent directement liés.

Les métiers les plus recherchés sont les suivants :

  • Administration et gestion (comptables, gestionnaires, coordinateurs, administrateurs) 51% des postes pourvus en 2016
  • Enseignement, formation (enseignants, professeurs de français, formateurs professionnels) 12%
  • Jeunesse et social (animateurs, éducateurs, assistants sociaux) 12%
  • Technique (techniciens, spécialistes) 12%
  • Santé (médecins généralistes ou spécialisés, infirmiers, aides-soignants) 7%
  • Ingénierie et urbanisme (ingénieurs, architectes, urbanistes) 3%
  • Autres (logisticiens, métiers du droit, du commerce, du marketing, de la communication, etc.) 3%

Comment candidater à un Volontariat de Solidarité Internationale

 Les associations agréées

Le VSI étant un statut très avantageux, seules 29 associations possèdent l’agrément d’État nécessaire leur permettant de proposer des missions officielles de VSI. Parmi elles, on peut citer de grandes ONG telles que Action contre la Faim, la Croix-Rouge ou encore Médecins du Monde (voir la dernière version de la liste complète).

Néanmoins, si seule cette poignée d’associations est autorisée à recruter des volontaires sous statut de VSI, de plus petites associations ou des projets indépendants ont aussi la possibilité de profiter de ce statut et donc aux volontaires qualifiés qu’il attire. En effet, des particuliers ou une association non agréée peuvent demander à faire porter leur projet par l’une des associations qualifiées.

C’est pour cette raison qu’il est parfois possible de trouver des offres de VSI par des associations non agréées. Toutefois, nous vous invitons à rester prudent et à vérifier la filiation de telles missions à une association agréée.

 La recherche de mission

Il existe plusieurs moyens pour trouver une mission de VSI. Vous pouvez notamment :

  • Répondre à une annonce en ligne, que vous pouvez trouver à différents endroits, à savoir :
    • directement sur le site des associations agréées, dont certaines ont une rubrique « Offres d’emploi » (comme c’est le cas pour l’ASMAE par exemple),
    • sur des sites qui centralisent des offres tels que France Volontaires ou Coordination Sud. Néanmoins, les bases de données de ces sites n’étant pas exhaustives, la manière la plus sûre (mais aussi la plus laborieuse) d’avoir la meilleure visibilité des offres disponibles reste de faire le tour de toutes les associations.

Dans tous les cas, pensez bien à vérifier que l’annonce qui vous intéresse est bien pour un Volontariat de Solidarité Internationale.

  • Envoyer une candidature spontanée

Il est aussi possible (et même conseillé) de déposer une candidature spontanée auprès d’une association qui vous intéresse particulièrement. Certaines sont par exemple spécialisées dans l’aide d’urgence tandis que d’autres visent la coopération pour le développement. Pour ce faire, vous pouvez postuler directement auprès des associations ou bien déposer votre candidature spontanée sur le site de France Volontaires. Dans ce cas, votre candidature rejoindra une base de données de CV disponibles pour les associations agréées. C’est ensuite elles qui contactent les candidats qui les intéressent.

Attention, trouver une mission correspondant à votre profil peut prendre du temps. Vous pouvez avoir de la chance, mais il est conseillé de commencer ses recherches actives au grand minimum 6 mois avant la date de départ souhaitée. Sachez également que ce délai peut monter jusqu’à plus d’un an. Encore une fois, cela dépend de l’association, mais ce délai long permet au volontaire de faire mûrir leur réflexion sur leur projet.

 La candidature

Puisque les organismes d’accueil attendent des volontaires qualifiés, candidater aux offres VSI, qu’elles soient en Afrique, Amérique du Sud ou en Océanie, s’apparente à un recrutement professionnel : CV, lettre de motivation, entretien, etc.

A ce titre, votre choix concernant le cadre de votre mission (sa durée, le pays d’action ou la date de début etc.) se limite à votre liberté de postuler à une offre ou pas. Vous n’avez pas la possibilité de choisir ces paramètres vous-même tel que c’est fréquemment le cas pour le volontariat flexible. De plus, il est fréquent que l’on vous propose un poste différent de celui pour lequel vous avez postulé, si l’association juge que votre profil correspond mieux à cette autre mission. Certains organismes recrutent même en priorité par candidature spontanée les personnes qui sont en premier lieu motivées par le concept, et non pas par tel ou tel pays ou telle ou telle mission.

Mieux vaut donc être flexible sur la destination et l’objectif de la mission et être motivé par la volonté d’aider.

 La sélection

La sélection des candidats se fait principalement sur :

  • La motivation : Les volontaires doivent être prêts à s’engager pour un volontariat de longue durée. Leur engagement doit être motivé avant tout par la volonté d’accomplir une action solidaire et de partager leurs connaissances avec des personnes d’une culture différente.
  • Les compétences : Les volontaires doivent avoir quelque chose à apporter à leur équipe et au projet spécifique sur place. Cela se traduit par des diplômes et des expériences professionnelles (voir les métiers les plus recherchés), mais aussi par des expériences et des qualités humaines qui jouent un rôle important comme dans tout entretien d’embauche « classique ». Rappelons que le métier de « travailleur humanitaire » n’existe pas. Il s’agît d’appliquer vos compétences « normales » dans un cadre bien particulier.
  • Les connaissances linguistiques : En ce qui concerne les pays non francophones, le fait de parler la langue locale ou à défaut l’anglais est primordial afin de pouvoir mener à bien sa mission en échangeant avec les travailleurs locaux. Pas de panique pour les allergiques à la langue de Shakespeare : près de la moitié des offres VSI sont en Afrique francophone (Madagascar, Togo, Bénin, etc.).
  • Une expérience préalable dans l’aide au développement ou dans le volontariat est bien souvent un atout. Si vous envisagez de faire un VSI mais qu’il est encore trop tôt, participer à une mission de volontariat flexible dès maintenant peut être une bonne expérience à faire valoir le moment venu.

Les associations agréées pour recruter des volontaires sous le statut de VSI jouissent d’une grande liberté de manœuvre, notamment en ce qui concerne la procédure de recrutement. Néanmoins, on peut distinguer deux cas de figure :

  • Certaines associations (notamment celles qui envoient un grand nombre de volontaires) sélectionnent un volontaire sans lui attribuer de mission tout de suite. Il est convié à une session d’entretien(s) en même temps que d’autres volontaires, après quoi il est intégré à un « pool » de volontaires en attendant qu’une mission lui soit proposée. Il faut compter en moyenne 6 mois, mais l’attente peut malheureusement s’éterniser. Il convient donc de rester disponible afin de pouvoir accepter une opportunité qui se présenterait.
  • D’autres sélectionnent directement le volontaire pour une mission en particulier en accord avec son CV. Le volontaire peut très bien avoir postulé à une offre de mission mais se voir proposer une autre mission qui correspond mieux à son profil.

Préparation au départ

Si le candidat accepte une mission, une formation obligatoire de plusieurs jours est programmée avant le départ en mission. Les coûts sont à la charge du volontaire, et il faut en général compter une semaine et entre 100 et 500€ de dépenses suivant vos revenus, l’association et la prise en charge ou non du logement et de la nourriture.