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Service Volontaire Européen : comment trouver un SVE

trouver un sveLe Service Volontaire Européen, souvent abrégé SVE, est un programme de volontariat proposant aux jeunes des missions dans toute l’Union Européenne : Espagne, Italie, Allemagne ou Royaume-Uni par exemple. Les volontaires travaillent au sein d’organismes non lucratifs, dont les domaines d’action peuvent être variés. Si trouver un SVE est relativement facile du fait des bases de données qui centralisent les offres de missions, la candidature à un SVE est encore plus complexe et chronophage que pour les autres programmes de volontariat réglementé comme le VSI ou le Service Civique à l’étranger, d’autant que pour certains projets SVE, la concurrence peut être forte entre les volontaires. Dans ce guide, nous avons rassemblé toutes les informations nécessaires pour que vous puissiez comprendre ce qu’est le Service Volontaire Européen, avec des infographies qui vous aideront à vous en faire une meilleure idée.

En bref

  • Un volontariat international « de proximité » : uniquement en Europe ou pays voisins (Maghreb, Moyen Orient).
  • Un volontariat peu coûteux à destination des jeunes.
  • Une procédure de candidature longue et fastidieuse (près d’une année).
  • Un niveau de concurrence très variable : très fort pour les projets dans les grandes capitales européennes, faible pour les destinations et les projets moins prisés.

Le Service Volontaire Européen : un programme européen pour la jeunesse

Comme son nom l’indique, le Service Volontaire Européen n’est pas géré à Paris mais à Bruxelles, par le programme appelé Erasmus +. L’objectif est de promouvoir la solidarité et la compréhension entre les citoyens des pays de l’Union Européenne et leurs voisins.

Il ne faut pas confondre Service Volontaire Européen avec Service Civique Européen, qui fait référence au programme français du Service Civique à l’étranger. S’il est possible de faire un Service Civique en Europe, sachez que près des deux tiers des Services Civiques à l’étranger se déroulent hors Europe. Si vous souhaitez absolument vous engager en Allemagne, en Espagne ou encore au Royaume-Uni, le SVE est donc peut-être plus approprié !

Les conditions pour partir en Service Volontaire Européen

Ce programme est, comme son nom l’indique, destiné à tous les résidents de l’Union Européenne et les pays partenaires du programme Erasmus +, dont la Suisse.

 Quel âge pour partir ?

Pour pouvoir faire un SVE, il faut avoir entre 17 et 30 ans. Cependant, beaucoup de projets ne sélectionnent que des candidats majeurs et en réalité, la majorité des volontaires en SVE ont entre 18 et 25 ans (la moyenne étant de 22 ans).

 Quelles qualifications ?

La plupart des missions n’exigent aucune formation ou qualification particulière et sont accessibles à tous, y compris les nouveaux bacheliers et les étudiants. Il existe cependant des projets qui requièrent des compétences spécifiques : si vous souhaitez mener un projet de microfinance en Arménie, il vous faudra une formation en économie par exemple. Les étudiants en Bac + 3 et plus et les jeunes diplômés, voire les jeunes professionnels, auront dans ce contexte les meilleures chances de trouver un SVE.

Pour ce qui est des compétences linguistiques, et surtout si vous voulez faire un SVE dans des pays populaires comme le Royaume-Uni, l’Espagne ou l’Allemagne, la maîtrise de la langue locale est un vrai avantage pour s’imposer face à d’autres candidats.

Pour d’autres pays d’action comme la Slovénie, la Lituanie ou la Finlande, c’est votre capacité à communiquer en anglais qui sera un atout, car il y a tout simplement très peu de candidatures de personnes parlant la langue officielle de ces pays. Sur ce type de missions, l’anglais devient la lingua franca et vous pouvez parfois même bénéficier de cours dans la langue locale pour faciliter votre intégration.

 Quelle durée d’engagement ?

La durée d’une mission de SVE est de 2 à 12 mois. En pratique cependant, la durée moyenne d’un SVE est de 9 mois. Les volontaires souhaitant partir au Royaume-Uni ou en Allemagne pour 2 ou 3 mois (après leur bac par exemple) risquent donc d’être déçus, car les projets de mois de 6 mois restent des exceptions.

Il existe également des programmes à plus court terme réservés aux jeunes ayant moins d’opportunités (si vous êtes concerné, n’hésitez pas à lire notre section sur ce sujet).

 Combien ça coûte ?

Le SVE peut se targuer d’être l’un des programmes bénéficiant des plus hautes subventions publiques provenant de l’Union Européenne.

Les volontaires n’ont donc aucun frais à prévoir pour faire un SVE, car ils bénéficient :

  • d’une indemnité mensuelle de 50 à 160€ selon le pays d’action,
  • d’une prise en charge des frais de transport d’au moins 90%,
  • du gîte et du couvert,
  • d’une formation linguistique,
  • d’une protection sociale,
  • d’une prise en charge d’éventuels frais de visa et de vaccination.

Pays d’action

Il est possible de trouver un SVE dans les pays de l’Union Européenne et les pays « partenaires » du programme Erasmus+. Ces derniers sont généralement d’autres pays européens, mais on compte aussi des partenaires plus lointains comme Israël ou le Maroc par exemple.

Pour résumer, les pays d’action éligibles sont :

  • Les 28 pays de l’Union Européenne
  • Les autres pays du programme Erasmus + : l’Islande, le Liechtenstein, la Macédoine, la Norvège et la Turquie
  • Les pays partenaires voisins de l’UE : Balkans occidentaux, Europe orientale, pays du sud de la Méditerranée, Fédération de Russie
  • Les autres pays partenaires dans le monde (très rare dans les faits)

Une liste de tous ces pays est disponible sur le site de la Commission Européenne.

Dans les faits cependant, l’écrasante majorité (93 % en juin 2018) des missions de SVE sont basées en Europe. On en trouve quelques-unes aux pourtours de la Méditerranée (Maroc, Tunisie, Liban, Jordanie), et presque aucune en Asie, Amérique ou Océanie. Autant dire que les jeunes qui cherchent un projet SVE en Afrique subsaharienne, en Asie ou en Amérique du Sud n’auront presque aucune chance d’en trouver. Pour ces destinations, il est préférable de se tourner vers le VSI, volontariat flexible ou le Service Civique à l’étranger.

En Europe, les pays accueillant le plus de jeunes français sont :

  • La Grèce
  • L’Espagne
  • L’Italie
  • Le Portugal
  • L’Allemagne
  • Le Royaume-Uni
  • D’autres pays comme la Hongrie, la Macédoine, la République Tchèque, l’Albanie, le Maroc, etc.

Domaines d’intervention

Les domaines d’intervention des missions de SVE sont très variés, et tous les jeunes devraient y trouver leur compte.

Vous pouvez par exemple être amené à travailler dans :

  • l’action sociale (animation et prise en charge d’enfants, personnes âgées ou souffrant d’un handicap, de sans-abris, de réfugiés…)
  • la protection de l’environnement et de la biodiversité,
  • l’art et culture,
  • le sport et les loisirs,
  • l’éducation et la politique, etc.

À noter que relativement peu de missions se révèlent avoir une vocation d’action humanitaire ou d’aide au développement, tout simplement car les pays d’action sont principalement des pays riches ou « du Nord ».

Comment candidater à un Service Volontaire Européen ?

Si comme nous l’avons vu, le SVE propose des avantages financiers non négligeables pour les volontaires, cela a une contrepartie : la procédure pour trouver un projet SVE est une course de longue haleine, et les places les plus convoitées sont chères…

Pour faire un SVE, il faut en effet candidater deux fois :

  • Une première fois auprès d’un organisme d’envoi qui est en charge d’aider les volontaires dans leurs recherches et leurs démarches administratives.
  • Une deuxième fois auprès d’un organisme d’accueil qui s’occupe du projet dans le pays où le volontaire souhaite faire un SVE.

En résumé, voici les étapes que vous aurez à franchir (détaillées plus bas) :

  1. La recherche d’une organisation d’envoi
  2. La recherche de mission
  3. La candidature auprès d’une organisation d’accueil
  4. La sélection
  5. La demande de financement et la procédure d’approbation

 La recherche d’une organisation d’envoi

Dans un premier temps, les candidats doivent trouver une organisation d’envoi dans leur pays d’origine et de préférence proche de leur domicile. Le rôle principal de ces organismes est, comme leur nom l’indique, d’organiser le départ et le séjour à l’étranger du participant. Certaines proposent aussi de l’aide pour la recherche du projet d’accueil ou fournissent des conseils pour la lettre de motivation par exemple.

Il existe une base de données SVE qui regroupe les organisations d’envoi accréditées par l’agence Erasmus + en charge du programme. Dans le menu déroulant « Type d’accréditation », choisir « Organisation d’envoi ». Le mieux est de préciser sa recherche afin de trouver les plus proches de son domicile.

La base de données est très riche : en juillet 2018, on y trouve 239 organisations d’envoi en France, 64 en Belgique et une en Suisse. Pourtant, la recherche peut malgré tout prendre beaucoup de temps, soit parce que ces organisations n’ont qu’une capacité limitée, soit parce qu’elles sont sélectives, ou encore parce qu’elles n’envoient des bénévoles que dans les projets d’organisations partenaires. D’autres organisations acceptent tous les volontaires et les envoient dans tous les pays d’action.

On peut être chanceux et trouver l’organisme qui nous correspond du premier coup, et ainsi s’épargner de longues et fastidieuses recherches. Mais malheureusement, la plupart des personnes sont obligées de contacter plusieurs organismes et même parfois passer par une véritable procédure de candidature avec le risque d’être refusé.

C’est pourquoi il faut s’y prendre tôt pour faire un SVE, et c’est le principal inconvénient de ce programme de volontariat. En pratique, il est recommandé de commencer ses recherches 8 mois avant le départ souhaité, idéalement un an.

 La recherche de mission

Les futurs volontaires ont deux options pour trouver un projet SVE :

  • Choisir un projet partenaire de l’organisation d’envoi et y candidater directement via l’organisation.
  • Se lancer à la recherche du projet de leurs rêves dans la base de données SVE et ne solliciter l’organisme d’envoi que pour la gestion administrative.

Chaque option a ses avantages et ses inconvénients :

  • Les plus flexibles et ceux qui veulent gagner du temps choisiront la première option. Les volontaires s’en remettent donc à l’expérience de l’organisation d’envoi et à leurs « quelques » structures d’accueil partenaires et s’accommodent du choix restreint en matière de pays et de domaines d’action.
  • Les plus exigeants, qui souhaitent avoir leur mot à dire, doivent s’occuper seuls de leurs recherches de mission SVE. Les offres disponibles sont listées sur la base de données du Portail européen de la jeunesse. Il est préférable de préciser sa recherche avec des filtres par :
    • Pays d’origine
    • Pays de destination
    • Domaine d’action
    • Période (date de début et date de fin), etc.

Vous verrez que pour en savoir plus sur les offres SVE proposées, il vous faudra souvent lire de longues descriptions en anglais, voire contacter directement l’organisme d’accueil pour obtenir plus d’informations. L’expérience montre que dans les faits, seule une partie des projets sollicités répondent et que certaines places ne sont pas pourvues tous les ans. Il faut donc être patient et persévérant.

Pour ceux qui ne se reconnaissent pas dans ces qualités, il est tout de même possible de trouver un projet SVE si on fait preuve d’une certaine souplesse : plusieurs organisations nous ont confié que les candidats n’ayant pas d’exigences précises en ce qui concerne la destination, la date de début ou la durée ont de bonnes chances d’obtenir une place. Par exemple, si on ne se cantonne pas aux pays les plus populaires comme l’Angleterre, l’Italie ou l’Espagne mais que l’on considère aussi des pays comme l’Albanie ou l’Ukraine, il sera sans doute plus simple de trouver un projet SVE.

En revanche, les jeunes qui souhaitent par exemple absolument s’engager dans un pays anglophone, avec des enfants, pour 3 mois et à partir de juin, auront plus de chances de trouver leur bonheur chez les organisations proposant du volontariat flexible.

 La candidature auprès d’une organisation d’accueil

Une fois le bon projet trouvé, les candidats doivent s’adresser directement à l’organisme d’accueil concerné pour s’informer sur les délais de candidature et le déroulement général de la mission. La procédure diffère selon les associations, mais le plus souvent, la candidature comporte les documents suivants :

  • un CV,
  • une lettre de motivation,
  • le formulaire de candidature de l’organisation d’envoi,
  • éventuellement une lettre de recommandation (d’un professeur ou d’un entraineur sportif par exemple).

La recherche d’un poste de SVE est donc comparable à la recherche d’un stage ou d’un emploi.

 La sélection

Lors de la procédure de sélection, il faudra en plus vous imposer face à d’autres candidats, tout en sachant que vous êtes non seulement en concurrence avec d’autres personnes de votre pays d’origine, mais aussi avec des jeunes de toute l’Europe (plus de 10 000 par an !). C’est donc autant de concurrents potentiels dans la lutte pour les missions et les pays les plus attractifs. L’organisme d’accueil effectue donc une présélection parmi toutes les candidatures, à la suite de quoi les meilleurs candidats sont invités par l’organisateur à un entretien téléphonique ou par Skype.

Ainsi, une organisation d’accueil pour un projet qui ne demande pas de qualification particulière, situé dans une grande capitale européenne (Berlin, Madrid, Londres, etc.) peut recevoir plusieurs centaines de candidatures pour une offre de SVE ! Heureusement il y a aussi des projets où les candidats sont rares, comme ceux qui sont basés en Europe de l’Est, dans des villes de taille moyenne. Vos chances de trouver un SVE seront donc meilleures sur ce type de missions !

 La demande de subventions et la procédure d’approbation

Une passée l’étape de la sélection, les heureux élus doivent encore attendre avant de faire leurs valises. L’Union Européenne ne serait pas l’Union Européenne s’il n’y avait pas encore un acte administratif à accomplir, en occurrence la procédure d’approbation et la demande de subventions. Les volontaires n’ont pas à s’en occuper car ce sont les organismes d’accueil et d’envoi qui se chargent de cette procédure.

Cependant, l’appareil administratif européen n’est pas connu pour être des plus rapides et demande de nombreux documents.

Autre détail important : les organismes n’ont que 3 dates de dépôt de dossier de subvention par an. Ce dépôt doit avoir lieu au moins 3 mois avant le départ, durant lesquels les volontaires sont encore dans l’incertitude. Par exemple, pour partir en janvier 2019, le dépôt des demandes doit être fait cette année avant le 4 octobre 2018.

Pour être dans les temps, il est conseillé que les volontaires déposent leur candidature 1 à 3 mois avant ces dates butoir.

Cette dernière ligne droite n’est pas à négliger, car elle peut être piégée… En effet, si une organisation a oublié de renouveler son accréditation pour le SVE ou tout simplement si le budget européen alloué au SVE est épuisé, la demande de subvention sera refusée et le projet SVE tombera à l’eau. C’est seulement une fois que la demande est approuvée par l’agence nationale que le volontaire est sûr de pouvoir partir en SVE.

Cas particulier : les projets pour les jeunes en difficulté

Il existe des projets SVE court terme (2 semaines à 2 mois), qui sont réservés aux « jeunes ayant mois d’opportunités » (JAMO). Ceux-ci sont définis par la Commission Européenne comme se trouvant « dans une situation défavorisée par rapport à leurs pairs ». Rentrent dans cette définition notamment les personnes qui :

  • souffrent de discriminations,
  • sont dans une situation financière ou familiale difficile,
  • sont atteintes d’un handicap,
  • rencontrent des difficultés scolaires,
  • sont issus de zones isolées ou rurales…

Ces projets permettent de donner leur chance à des personnes qui n’ont sinon que peu de chances d’obtenir une place pour une mission de volontariat international, dans des programmes très compétitifs comme le VSI par exemple. Selon les années, 30 à 40 % des SVE sont alloués à ces jeunes en France.

Ces projets à court terme s’apparentent plutôt à des chantiers jeunes financés dans le cadre du SVE. L’organisation est donc complètement différente de celle mise en place pour les projets ouverts à tous avec des offres de postes individuels, dont nous parlons dans cet article. Si vous êtes concerné, vous pouvez vous rapprocher de votre mission locale ou contacter directement Erasmus + pour en savoir plus.