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Volontariat avec des éléphants en Asie (Thaïlande, etc.) ou Afrique : méfiez-vous des faux sanctuaires d’éléphants

Volontariat dans un sanctuaire d'éléphants en Thaïlande

Photo Evo Flash sous licence CC 2.0

Les sanctuaires d’éléphants sont des attractions populaires auprès des voyageurs, principalement dans certains pays d’Asie comme la Thaïlande, le Laos ou le Cambodge, mais aussi en Afrique. De nombreuses missions de volontariat existent et proposent aux volontaires de prêter main-forte au personnel de ces refuges, et de participer ainsi à la protection des animaux. Pourtant, certains centres peu recommandables n’ont rien de « sanctuaires », et participent même pleinement à l’exploitation et à la maltraitance des éléphants. Face à cette réalité, l’équipe de Guidisto a décidé de ne répertorier sur son portail que les missions qui répondent à des critères d’évaluation précis, et d’écarter les projets malhonnêtes, pour éviter aux candidats au départ d’une mission de bénévolat de tomber dans le piège.

Les projets maltraitants des éléphants en captivité sont l’une des trois catégories de mission que nous excluons de notre portail, avec les missions humanitaires en orphelinat et les missions d’écovolontariat avec des jeunes félins.

En bref

  1. Les éléphants sont des animaux qui ne peuvent pas être domestiqués. Si certains paraissent dociles, c’est que leur volonté a été brisée via des méthodes cruelles.
  2. De nombreux sanctuaires d’éléphants n’en sont en fait pas : les animaux y sont maltraités pour satisfaire les envies des visiteurs.
  3. Du volontariat éthique avec des éléphants est possible : Guidisto n’accepte que les projets véritablement responsables.
  4. N’acceptez jamais de monter à dos d’éléphant et ne cherchez pas à avoir d’autres interactions avec eux.

Des volontaires attirés dans de faux sanctuaires d’éléphants

Particulièrement en Asie (Thaïlande, Cambodge, Laos, Inde…) mais aussi en Afrique, de nombreux centres se disant « sanctuaires » attirent les volontaires souhaitant s’engager en faveur des éléphants. On leur raconte qu’ils vont contribuer à la protection d’animaux secourus de l’industrie du tourisme ou du travail forcé. On leur fait croire également que leurs éléphants ont été domestiqués et qu’ils recherchent activement le contact avec les humains (comprendre pourquoi cela est faux).

En réalité, de nombreux refuges de ce type continuent à exploiter et maltraiter les animaux, en proposant par exemple aux volontaires de faire des balades à dos d’éléphants ou en forçant les animaux à interagir avec les visiteurs sous menace de châtiment corporel.

Dans son étude de 2017 Taken for a ride, l’ONG World Animal Protection a observé que 3 éléphants sur 4 dans les sanctuaires visités (plus de 200) vivaient dans des conditions inacceptables. En savoir plus sur la réalité qui se cache derrière les faux sanctuaires d’éléphants.


Dans cette vidéo satyrique issue de sa campagne Before they book, l’ONG World Animal Protection révèle la réalité qui se cache derrière les centres qui proposent à leurs visiteurs de monter à dos d’éléphant.

Bien entendu, les volontaires bien intentionnés n’y voient souvent que du feu, et alimentent donc sans le savoir un système nauséabond basé sur la souffrance des éléphants.

Pour éviter cela, nous avons mis en place sur Guidisto des critères d’évaluation pour écarter de notre portail les projets non recommandables.

Guidisto s’engage pour les éléphants : nos critères pour des projets éthiques

Après avoir banni de notre portail les missions humanitaires en orphelinat et les missions de volontariat dans des fermes de félins, Guidisto s’engage sur la question du volontariat avec des éléphants en captivité, en mettant en place des critères pour trier les bons des mauvais élèves.

Remarquez que ces critères ne s’appliquent pas à des projets d’écovolontariat qui visent la protection d’éléphants à l’état sauvage et de leur habitat. Ces projets peuvent être une bonne alternative si vous souhaitez travailler en faveur de ces animaux impressionnants et il en existe aussi bien en Asie qu’en Afrique.

Idéalement, un éléphant ne devrait jamais être gardé à l’état de captivité, et de tels sanctuaires ne devraient donc pas exister. Cependant, le sujet est complexe et il est difficile de raisonner en noir et blanc.

En effet, les éléphants dont la volonté a été brisée (en savoir plus sur les méthodes utilisées pour les dresser) ne peuvent pas retourner à l’état sauvage.  Nous pensons donc que de bannir tous les projets de volontariat qui impliquent des éléphants en captivité reviendrait à abandonner ces individus à leur sort, d’autant qu’il existe des sanctuaires qui œuvrent véritablement pour leur bien-être, et au sein desquels les éléphants peuvent avoir une vie digne.

Plutôt que de refuser tous les projets en bloc, nous avons donc pris la décision de diriger la demande vers les sanctuaires responsables.

Suite à nos recherches approfondies et nos échanges avec des associations de protection animale spécialisées sur le sujet, nous avons déterminé 3 critères, ou indicateurs, sur lesquels nous nous basons pour accepter ou non un projet sur le portail.  Vous ne trouverez sur Guidisto que les projets respectant chacun de ces critères.

1. Les balades à dos d’éléphants et l’utilisation d’éléphants pour des spectacles ou comme bêtes de somme sont interdites

Les balades à dos d’éléphant sont pour nous un critère d’exclusion immédiat. Les spécialistes et associations de protection animale s’accordent tous pour dire qu’il s’agit d’une activité qui :

  • ne bénéficie en rien à l’éléphant,
  • est douloureuse pour les animaux,
  • est potentiellement dangereuse pour les visiteurs,
  • contribue à perpétuer le mauvais traitement des éléphants, ainsi que le mythe de leur domestication.

Le fait qu’un centre autorise les visiteurs à monter sur les éléphants est généralement le signe que les éléphants subissent d’autres abus. Bannir d’emblée les sanctuaires qui proposent des balades à dos d’éléphants est donc une manière efficace d’écarter les projets malhonnêtes.

Il en est de même pour l’utilisation d’éléphants dans le cadre de tours ou spectacles, et comme bêtes de somme.

Photos Vince Russell sur Unsplash et Evo Flash et Meindert van D sous licence CC 2.0

2. Si d’autres interactions avec les éléphants sont permises, le projet doit avoir été recommandé par une ONG de protection animale

Peu de sanctuaires se limitent à proposer à leurs visiteurs d’observer les éléphants. Pour les rendre attractifs et générer les revenus nécessaires à leur fonctionnement, la plupart proposent certaines formes d’interaction, dont beaucoup sont à proscrire. D’autres types d’interactions moins invasives (comme le fait de permettre aux visiteurs de nourrir les éléphants) peuvent être considérées comme acceptables, du moment que l’éléphant est libre d’y participer.

Pour juger à quel point l’interaction entre humains et éléphants est acceptable, il est nécessaire de visiter les différents centres. Puisque nous n’avons pas les moyens nécessaires, nous avons décidé de nous fier à l’avis d’acteurs indépendants et véritablement compétents sur la question : les ONG de protection animale.

Nous nous basons principalement sur une étude qui traite spécifiquement de la question :

➤ Taken for a ride (World Animal Protection)

Cette étude très complète de 2017 de l’ONG World Animal Protection traite du problème des éléphants en captivité, en se concentrant sur l’Asie. Pour ce travail, 220 centres ont été visités et évalués entre 2014 et 2016 en Thaïlande, Cambodge, Laos, Népal, Sri Lanka et Inde.

Pour évaluer les centres, un système de points a été mis en place selon différents facteurs de bien-être pour les éléphants :

  • la liberté de mouvement,
  • les interactions avec leurs congénères,
  • l’hygiène,
  • l’alimentation,
  • l’environnement,
  • les interactions avec les visiteurs,
  • la gestion des éléphants et les conditions de vie des mahouts.

Suite à cette évaluation, il est apparu que seuls 13 centres sur 220 proposaient de bonnes conditions de vie pour les éléphants. La liste des sanctuaires recommandés par l’ONG est disponible en page 50 du PDF.

Bien entendu, World Animal Protection n’a pas pu visiter tous les centres de ce type. Nous sommes donc conscients que ce critère peut écarter de bons projets, soit parce qu’ils n’ont pas été évalués par l’étude, soit parce que leurs pratiques ont depuis évolué. Cependant, étant donné que nous ne pouvons pas en juger à distance, nous préférons faire preuve de trop de prudence plutôt que pas assez.

3. Après avoir mené notre propre enquête, nous n’avons pas relevé de signe alarmant

Même dans le cas d’un projet ayant été évalué et recommandé par une ONG, nous sommes conscients que la situation peut se détériorer, par exemple à cause d’un changement de propriétaire, de personnel ou de stratégie du centre.

Nous avons donc décidé d’aller encore plus loin, en effectuant systématiquement notre propre enquête sur les sanctuaires que nous acceptons, notamment en allant voir sur le site web, mais aussi les évaluations et photos sur des plateformes d’évaluation d’infrastructures touristiques comme Tripadvisor, les réseaux sociaux ou encore les blogs où l’on trouve parfois des retours d’expérience de visiteurs.

Quelques exemples de missions responsables en faveur des éléphants

Photo ray rui sur Unsplash

Il existe heureusement de nombreuses possibilités pour s’engager de manière responsable en faveur des éléphants.

Tout d’abord, on peut citer les missions d’écovolontariat avec des éléphants, qui visent à protéger les animaux à l’état sauvage. Les volontaires ont souvent pour rôle d’effectuer le suivi des populations et de sauvegarder l’habitat naturel des pachydermes. Au cours d’un projet d’écovolontariat, il est rare que les volontaires puissent s’approcher de près des éléphants, mais ils ont l’occasion unique de les voir évoluer dans leur environnement naturel. Vous trouverez les missions de ce type dans notre catégorie Écovolontariat.

Il est également possible de faire du bénévolat pour les éléphants dans de véritables sanctuaires, qui œuvrent pour le bien-être des animaux ayant été exploités ou maltraités. Comme nous l’avons montré dans cet article, tous ces types de refuges ne sont pas recommandables et nous répertorions sur notre portail uniquement ceux qui remplissent les critères éthiques détaillés dans la section précédente. Vous trouverez ces projets dans notre catégorie Missions avec animaux et vétérinaires.

Si vous êtes intéressé par le volontariat en faveur des éléphants, voici quelques exemples de missions responsables :

Bénévolat dans un sanctuaire pour éléphants au Cambodge

Assistez le personnel d’un sanctuaire pour éléphants qui s’occupe d’une dizaine d’animaux secourus de l’industrie du tourisme ou du travail forcé. Le refuge s’étend sur 1 500 hectares et permet aux éléphants d’évoluer dans leur habitat naturel : forêts, rivières, prairies et bosquets de bambou. Les interactions directes avec les volontaires sont limitées, et les participants sont impliqués dans de nombreuses activités pour le maintien du sanctuaire. Voir la description du projet.

Sauvegarde des éléphants du désert en Namibie

Rejoignez une équipe de recherche qui travaille pour la sauvegarde des éléphants du désert de Namibie. Le projet propose aux volontaires de s’engager sur ses deux axes d’action : la réduction des conflits entre les éléphants et les fermiers locaux, et le suivi des populations (déplacements, naissances, santé, etc.). La mission accepte les volontaires à partir de l’âge de 15 ans, pour une durée de 2 semaines à 3 mois. Aller sur la page de la mission.

Projet pour la protection des éléphants sauvages au Sri Lanka

Participez à la protection des populations d’éléphants sauvages du Sri Lanka. L’objectif principal du projet est de préserver l’équilibre fragile entre les éléphants et la population locale, notamment les agriculteurs. Les volontaires sont impliqués dans des activités variées : observation et suivi des éléphants, protection des récoltes ou encore ateliers de sensibilisation dans les écoles locales sur des questions environnementales. En savoir plus sur ce projet.

Mission dans un parc national en Afrique du Sud

Engagez-vous dans un parc national abritant les espèces d’animaux sauvages les plus emblématiques d’Afrique du Sud : l’éléphant, le lion, le rhinocéros, le léopard ou encore la girafe. Le rôle des écovolontaires est de récolter des informations (observations, photos, etc.) qui sont utilisées par les chercheurs et scientifiques pour suivre les populations et évaluer l’impact de différents facteurs sur les animaux. Découvrir les détails de la mission.

Nos recommandations aux touristes et volontaires avant de visiter un sanctuaire d’éléphants

Que vous ayez pour projet de visiter un sanctuaire d’éléphant en tant que touriste ou d’y faire une mission de volontariat, nos recommandations sont les mêmes :

  • Prenez le temps de faire des recherches approfondies sur le sanctuaire en question.
  • Soyez vigilant et faites preuve d’esprit critique : méfiez-vous si les arguments de vente d’un site touristique avec des éléphants sont en contradiction avec vos observations et avec ce que vous avez appris sur la maltraitance des éléphants. Malheureusement, même les faux sanctuaires savent ce que les touristes occidentaux souhaitent entendre.
  • Refusez catégoriquement de monter à dos d’éléphant ou d’assister à un spectacle impliquant des éléphants.
  • Ne cherchez pas à avoir d’interaction directe avec les éléphants. Plus vous vous voyez proposer des interactions, plus l’éléphant est sous pression. Dans un monde idéal, les éléphants ne seraient pas obligés de côtoyer les visiteurs.
  • Parlez du problème autour de vous.

Pour mieux comprendre le problème

À l’origine : le mythe de la domestication des éléphants

Contrairement à une idée répandue, l’éléphant n’a jamais été domestiqué par l’Homme. Les éléphants sont, et ont toujours été, des animaux sauvages. Ils sont même souvent listés parmi les mammifères les plus dangereux pour les humains.

Plusieurs centaines d’accidents mortels sont ainsi recensés chaque année, même si le nombre d’humains tués par des éléphants reste bien en dessous de l’inverse (notamment du fait du commerce de l’ivoire). L’éléphant est un herbivore, mais le stress ou la réduction de son habitat naturel peuvent accroître son agressivité, comme le soulignait en 2005 National Geographic. En clair, humain et éléphant ne sont pas des espèces destinées à se côtoyer.

Pourtant, il existe en Asie une tradition très ancienne d’utilisation de l’éléphant, employé notamment comme animal de trait ou dans le cadre de cérémonies religieuses.

Plus récemment, les éléphants ont aussi été beaucoup utilisés dans le cadre d’attractions touristiques :

  • cirques,
  • safaris,
  • spectacles de rue,
  • etc.

Mais alors, comment expliquer que ces massifs pachydermes acceptent de porter des humains sur leur dos ou de poser pour des selfies avec des touristes ? Il faut aller chercher la réponse du côté du dressage qu’ils ont subi avant de les mettre en contact avec le public.

Le phajaan est une méthode particulièrement cruelle très utilisée en Asie (particulièrement en Thaïlande, Birmanie et Inde), visant à anéantir la volonté des éléphants, afin de les rendre dociles et malléables. Les éléphants qui subissent le phajaan sont généralement nés en captivité ou capturés à l’état sauvage entre l’âge de 2 et 4 ans. Le principe fondamental de cette pratique consiste à restreindre au maximum la liberté de mouvement des animaux (en les attachant avec des cordes ou des chaînes ou en les enfermant dans des cages très étroites) pour de longues périodes allant de quelques semaines à quelques mois. Les éléphants peuvent également subir divers types de châtiments corporels, souvent sur des parties sensibles de leur corps, et également des privations de sommeil, de nourriture ou d’eau. Il est estimé qu’environ la moitié des éléphants qui subissent le phajaan n’y survivent pas.

Tous les éléphants qui sont amenés à avoir un contact direct avec des humains sont passés par une méthode de dressage par anéantissement telle que le phajaan. Suite à cette torture, les éléphants en captivité développent des comportements anormaux pour alléger leur état constant de stress ou de dépression (le fait de se balancer d’avant en arrière de manière continue comme dans la vidéo ci-dessous par exemple).


Exemple de comportement révélateur d’un état de stress chez les éléphants en captivité.

La réalité derrière les faux sanctuaires d’éléphants

De nombreux sanctuaires d’éléphants ont vu le jour, notamment en Asie (Thaïlande, Laos, Cambodge, Inde), mais aussi en Afrique, et prétendent offrir à des éléphants exploités une retraite bien méritée. Les pensionnaires peuvent être d’anciennes bêtes de somme (parfois en retraite forcée suite à l’interdiction de l’exploitation forestière dans certains pays comme la Thaïlande ou la Birmanie), mais aussi des animaux secourus de l’industrie du tourisme, blessés ou encore maltraités.

Un mahout utilisant un bullhook (Photo Mike Gifford sous licence CC 2.0)

Il n’existe cependant pas de normes encadrant l’existence de ces centres, et les abus sont nombreux.

En effet, malgré leurs belles paroles, beaucoup de refuges continuent en fait d’exploiter les animaux et placent la satisfaction et les demandes des visiteurs (touristes ou volontaires) avant le bien-être des éléphants.

Pour contrôler les éléphants, il est fréquent que les mahouts (ceux qui s’occupent des éléphants, parfois aussi appelés cornacs) utilisent encore des bullhooks, le bout métallique pointu de ce crochet étant utilisé pour frapper ou percer des endroits sensibles de la peau de l’animal, comme derrière l’oreille ou autour des pattes.

De nombreux sanctuaires proposent aussi à leurs visiteurs de faire des balades à dos d’éléphant, ce qui est potentiellement dangereux pour leur colonne vertébrale, qui n’est pas faite pour supporter le poids d’un ou plusieurs humains à longueur de journée.

 Les mauvaises excuses pour justifier une balade à dos d’éléphant

Parmi les excuses que l’on entend le plus souvent parmi les touristes et les volontaires qui montent à dos d’éléphant, deux reviennent souvent :

« On m’a dit que cet éléphant en particulier aimait bien porter des visiteurs ! » 🚫

Pour justifier le fait de proposer des balades à dos d’éléphants, les mahouts ou le personnel sur place racontent parfois qu’un tel ou un tel éléphant recherche le contact des humains, ou même qu’il aime porter des visiteurs sur son dos.

Comme nous l’avons vu précédemment, cet argument ne tient pas lorsqu’on comprend qu’un éléphant docile est en fait un éléphant qui a peur, et dont la volonté a été brisée via des méthodes cruelles.

« Le mal est déjà fait pour cet éléphant, et mon argent sert au contraire à lui donner une meilleure vie. » 🚫

Certains prétendent qu’il est trop tard pour les éléphants ayant déjà été dressés, et que profiter de leur docilité n’aggrave pas les choses. Au contraire, en donnant leur argent à des centres qui proposent des balades à dos d’éléphants, les touristes ou volontaires permettraient d’offrir à ces animaux une fin de vie digne.

À cet argument, on peut déjà répondre que le fait qu’un animal ait été maltraité par le passé ne justifie pas qu’on continue à le faire. Ensuite, il est essentiel de comprendre que la demande perpétue le problème. Autrement dit, tant qu’il y aura des touristes ou des volontaires prêts à payer pour monter sur des éléphants, ces pratiques continueront d’exister et de prospérer. Refuser de visiter ou de faire du volontariat dans de faux sanctuaires, c’est refuser d’alimenter un système basé sur la souffrance des éléphants.

En plus des balades à dos d’éléphants, on peut citer parmi les signes alarmants pour un sanctuaire le fait que :

  • les éléphants soient enchaînés,
  • les éléphants prennent des bains entourés par une foule de visiteurs qui les frottent tous en même temps (facteur de stress et d’éventuelles blessures),
  • les éléphants soient forcés d’interagir avec les visiteurs (pour prendre des selfies, se faire nourrir, etc.) sans possibilité de refuser,
  • les éléphants n’évoluent pas dans un environnement naturel,
  • les éléphants soient isolés de leurs congénères,
  • etc.

Comme vous pouvez l’imaginer, il existe beaucoup d’autres facteurs de bien-être (comme la diversité du régime alimentaire ou la formation du personnel sur place), mais ceux-ci sont beaucoup plus difficiles à repérer en tant que simples visiteurs.

Quelques exemples de photos qui devraient vous alarmer :

Attributions (de gauche à droite et de bas en haut) : Photo Frontierofficial sous licence CC 2.0, Photo Eli Duke sous licence CC 2.0, Photo Dennis Sylvester Hurd sous licence CC 1.0, Photo Ronnie Macdonald sous licence CC 2.0, Photo Caitriana Nicholson sous licence CC 2.0, Photo Frontierofficial sous licence 2.0.

La question de l’origine des éléphants pose aussi problème. En effet, il arrive que les éléphanteaux soient capturés à l’état sauvage pour peupler ces refuges, et ainsi attirer les visiteurs. Certains centres pratiquent également l’élevage pour permettre un approvisionnement régulier en éléphanteaux, qui constituent un « argument de vente » particulièrement efficace. Dans ces deux cas, les méthodes utilisées pour soumettre les animaux sont souvent les mêmes que celles décrites dans la partie précédente. D’autres sanctuaires rachètent les éléphants pour les secourir, ce qui a l’effet pervers d’encourager les braconniers à capturer toujours plus d’éléphants, car ils savent qu’ils parviendront toujours à trouver un acquéreur.

La majorité de ces « sanctuaires » se trouvent en Asie du Sud-Est, et leur nombre ne cesse d’augmenter du fait de l’afflux constant de touristes et de volontaires. En Thaïlande, où les centres de ce type se sont multipliés dans des zones touristiques telles que Bangkok, Chiang Mai, Phuket, Kanchanaburi, Krabi ou encore Koh Samui, la population d’éléphants en captivité dépasse même le nombre d’éléphants à l’état sauvage.

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